Municipales à Bordeaux : Quel avenir pour la ville ?
POLITIQUE
BadWayn
2/28/20263 min read
Cet article marque le coup d’envoi d’une série politique intitulée « Le tour de France de nos
communes », consacrée aux prochaines municipales.
Ces élections, rarement autant médiatisées, sont aujourd’hui au cœur de toutes les spéculations et sont très intimement liées au contexte national, très divisé et polarisé. J’ai choisi de commencer ce tour de France par une ville que je connais bien et que je chéris tout particulièrement.
À Bordeaux, à part les quelques listes de révolutionnaires demeurés qui croient en la paix et l’amour, il existe 7 listes « sérieuses » et 3 potentiels maires.
Le maire sortant : l’héritage ou l’addition ?
Pierre Hurmic, élu dans la vague verte de 2020, se représente avec le soutien de la gauche élargie.
Six ans plus tard, l’heure n’est plus aux slogans, mais au bilan.
En 6 ans : la durée de désendettement de la ville (1) est passée de 4,6 ans en 2023 à 10,1 ans en 2026. Les comptes publics sont au rouge et ne vont pas en s’améliorant…
Au niveau sécuritaire, ce n'est pas mieux : le risque d’être victime d’un crime ou d’un délit est 60 % plus élevé que dans des villes de taille comparable.
Et pourquoi ? Le budget dédié à la sécurité n’est que de 16 millions d’euros, un chiffre dérisoire qui ne représente que 2,55 % du budget total. Résultat ? Il n’y a seulement 0,75 policier pour 1 000 habitants, contre par exemple 2,60 pour 1 000 habitants à Cannes et 1,65 à Nice.
Malgré son bilan catastrophique, le maire sortant est crédité d’environ 33 % des intentions de vote et arrive, selon les sondages, en pole position.
Hurmic est définitivement l’idiot utile de la gauche.
Ainsi va la France.
Le candidat du centre : la promesse de rigueur (une très bonne blague)
Thomas Cazenave, Macroniste convaincu, a été l’architecte du désastre des finances publiques de notre pays. Comment, après cela, se présenter comme l’homme du sursaut et de la rigueur budgétaire à Bordeaux ?
Il a été rallié officiellement par Les Républicains, et notamment par sa candidate Nathalie Delattre.
Seulement, dans les faits, une grande partie des Républicains s’est tournée vers un autre candidat, plus proche des idées du camp de la droite libérale et conservatrice. Nous allons en parler ultérieurement.
Crédité d’environ 25 %, il reste un prétendant sérieux, même si la campagne de terrain semble plus contrastée que les chiffres.
Nous parlions plus haut de l’idiot utile de la gauche ; Cazenave est bien l’idiot utile du centre et de la droite.
L’outsider : la carte société civile
Philippe Dessertine apparaît comme la variable disruptive de cette campagne.
Crédité d’environ 15 %, en progression notable, il s’installe comme une alternative issue de la société civile, en dehors des appareils partisans traditionnels.
Son positionnement capte un électorat : lassé de l’affrontement idéologique permanent, attaché à une gestion plus technique que militante et critique de la trajectoire actuelle de la ville.
Sa dynamique rebat les cartes.
Elle fragmente le centre, perturbe les équilibres et pourrait devenir décisive au second tour.
Plusieurs ralliements venus du centre et de la droite témoignent d’une recomposition en cours.
Les arbitres du second tour
Dans une municipale, tout se joue entre les deux tours.
Deux blocs pèseront lourd dans l’équation finale : la liste LFI (~12 %) et la liste RN (~7 %).
Les reports de voix détermineront l’issue.
Conclusion provisoire
Rien n’est joué.
Il y a les sondages.
Et il y a le vote.
Bordeaux est à un carrefour : continuité, recentrage ou rupture plus technique.
Une chose est certaine : cette campagne sera moins tranquille qu’elle n’y paraît.
(1) La durée de désendettement est un indicateur financier utilisé par les collectivités (villes, départements, régions). Elle mesure en combien d’années une ville pourrait rembourser toute sa dette si elle y consacrait toute son épargne annuelle. La durée est calculé de la manière suivante : Durée de désendettement = Encours total de la dette/Épargne brute annuelle avec encours total de la dette = total des emprunts restant à rembourser et Épargne brute = recettes de fonctionnement – dépenses de fonctionnement.


Auteur : BadWayn
BadWayn est président de l’Union Nationale Républicaine depuis trois mois. Député engagé, il a également occupé la fonction de président de l’Assemblée nationale, où il a veillé au bon fonctionnement des débats et au respect des institutions.
Figure centrale de la vie politique, il incarne une ligne libérale structurée et affirmée


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