TRIBUNE - Du pari incertain à la recomposition politique : la percée libérale et ses conséquences
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Avec près d’un quart des voix exprimées et 8 sièges obtenus par la liste « Union Démocratique Indépendante » à l’issue des élections législatives du 12 avril, le pôle libéral d’à la droite du centre ressort renforcé.
Une alliance née dans la controverse
Le 4 avril, lorsque Hito, alors directeur des Indépendants m’a proposé de conduire une liste commune avec lui-même, Masa, Baron et T3ki1a, j’étais d’abord incertain. Nous serions au centre des projecteurs, à l’heure où des déclarations (malaisantes) et rumeurs fusaient déjà à propos d’une supposée alliance entre le PRM et l’Alliance Nationale qui ne furent qu’en réalité des affirmations spéculatives sans tact.
Néanmoins, le choix était en vérité évident. À l’élection présidentielle, Masadido, candidat indépendant soutenu par notre mouvement, avait mobilisé près de 40% des voix face à son concurrent centriste, un score inédit dans la configuration politique établie. Durant sa campagne axée sur la baisse des dépenses publiques et les libertés économiques, il est parvenu à rassembler un large public de sensibilités différentes qui ne se reconnaissait pas dans l’offre habituelle du centre. Nous décidions alors de marcher ensemble.
Une campagne précipitée qui a défié les attentes
Le même soir, j’étais investi directeur de la droite. Je devais officiellement prendre la responsabilité de ce grand chantier. Bien que je ne pouvais pas être présent à la soirée, j’ai préparé un texte qu’Omphale a eu la bienveillance de lire, visant à revenir sur le chemin parcouru par ma formation politique, tout en annonçant, sans rien développer, la constitution d’une liste commune avec des personnalités indépendantes afin de mettre un terme aux articles embarrassants.
Cela a créé une certaine confusion, j’ai oublié de m’entretenir assez avec le reste des membres de l’équipe avant de faire l’annonce suite à une temporalité restreinte, et j’en prends l’entière responsabilité. Hito n’a pas menti, l’avenir de la liste n’était juste pas encore tracé, et nous attendions le 6 avril pour l’annoncer enfin dans un communiqué conjoint.
Ensuite est venue la période de dépôt et la campagne. Une magnifique campagne. L’entente entre les candidats était cordiale et nous avancions rapidement, étape par étape, en nous consultant toujours. Nous avions choisi le sigle « UDI » pour illustrer une nouvelle idée commune : la démocratie participative. Je me chargeais principalement des publications et découvrais un intérêt pour le graphisme que je ne me soupçonnais pas vraiment (je fais surtout des montages vidéos).
Une victoire nette et une recomposition brutale
Dimanche, à 21h, nous connaissions enfin les résultats. Je suis intervenu pour représenter notre alliance et constatait avec joie que nous récupérions 8 sièges, alors que je m’attendais à 5 ou 6. Cela a été l’ultime preuve que notre travail avait payé. La gauche et l’extrême-gauche, elles, s’effondraient en parvenant à sécuriser seulement 6 élus au total et allaient entrer dans une sombre période marquée par le refus de former un groupe parlementaire commun de la part de Theo et le départ du directeur d’Elan Citoyen, Abslalom. Ce fut la conclusion logique du gouvernement de transition Morgan qui n’aura pas servi à grand chose.
Sans surprise, Renouveau libéral arrivait premier avec 11 députés. Leur parti est structuré depuis longtemps et compte beaucoup de personnes actives en permanence. Enfin, le Bloc national, essayant de se construire rapidement avec une campagne hâtive, échoue en récupérant seulement 3 places et en s’enlisant dans des scandales dûs à des irrégularités sur la liste et aux tensions entre les membres. La soirée fut très mouvementée, surtout pour The Liberal et The Unliberable. Mais ce qui en ressort est surtout l’effondrement de la gauche et l’essor des idées libérales du centre et de la droite.
L’heure du compromis et des responsabilités
Maintenant, l’heure est au dialogue. le président de la République a raison, le sens des responsabilités et du compromis doivent être notre boussole lors de la composition du futur gouvernement afin qu’il puisse représenter les électeurs.
Ensemble, le socle présidentiel et l’UDI frôlent la supermajorité, c’est inédit. Cette semaine, nous avons le devoir de ne pas rater l’occasion d’un grand rassemblement sur la base d’une plateforme d’idées élargie.
J’observerai avec attention le choix du Premier ministre qui sera fait par Ikras en ayant en tête ce que j’ai dit à la soirée électorale : sur la base de la nouvelle composition démocratique, le gouvernement actuel ne pourra pas être reconduit. Nous devons regarder vers l’avenir, et l’avenir appartient à ceux qui osent se mettre d’accord.
Alternativ3 est président du Parti Républicain Moderne.
Député, il est également tête de liste Union Démocratique Indépendante.
Il a cofondé L’Indépendant en février 2026 avec BadWayn et est aujourd'hui le président associé du média.


